Lundi 6 octobre 1 06 /10 /Oct 10:41



Roman d'aventure autour du vin, un voyage dans les Pays baltes sur fond d'affrontement entre services secrets.

 

On espere bien faire quelques signures chez mes potes cavistes et quelques libraires. Je vous tiens au courant dans une rubrique "évenements" que je dois créer incessament sous peu en fonction des dates.

4e de couverture:
 
     "Albert Mijaud, quarante ans, distributeur de vin de la vallée de la Loire, décide d'aller prospecter dans les pays baltes. Antoine Martinson, breton et russophone, l'accompagne. En Lettonie, Albert est arrêté par un homme des services de l'Intelligence à l'Ambassade de France à Riga qui recherche Antoine. Il lui apprend que ce dernier était chargé, à la fin des années 80, d'opérer la liaison entre l'Union Soviétique et la France.
 
     Albert et Antoine sont des personnages de roman. Quoique... Alain Raffaëlli et Pascal Ouvrard ont également fait ce voyage, sur les routes de l'Est, avec quelques cartons de vin dans le coffre. Ce roman n'est pas le récit de leurs aventures. Quoique..."



                   




  





    


  Pascal 

 Alain
                            

  

                                                            Alain/Antoine pensif en Lituanie



La musique est présente tout au long du bouquin, en voici quelques unes glanées au fil des paragraphes..

                                                        

                                





La première guerre des Toiles, Cybercombat contre l’Estonie :

La république balte victime de raids de mystérieux hackers. Administration, banques, écoles.

Tous les sites sont frappés. Un suspect : la Russie et son ex-KGB.

(Michel de Pracontal, Le Nouvel Observateur, 14/06/2007)

 

 

 

 

Le Marché du vin, pratiquement inexistant jusqu’à l’indépendance du pays, a connu une forte croissance ; la consommation de vin commence à entrer peu à peu dans les habitudes des Estoniens.

(Centre Français du commerce extérieur. Juillet 2002) 

 

 

 

 

« Dites donc,‘Sbrodj’, qu’est ce que cela signifie ?…

-Kontzroll, Monzieu… »

(Objectif Lune, Hergé 1953)

 

 


 

     Les champs d’éoliennes se font plus rares à l’approche de la frontière polonaise. L’une d’elles, isolée, presque gracile, valse ses pales dans le matin. En fond sonore et en parfaite harmonie le grand Jacques compte mille temps. La Volvo file sur le dernier tronçon d’autoroute digne de ce nom. Dans  quelques kilomètres, le purgatoire des suspensions jusqu’à Varsovie, un court répit, et à nouveau, des camions délirants cornaqués par des chauffeurs hallucinés sur des routes labourées d’ornières de champ de manœuvre.

     Mon passager ronfle. Bill Ballantines dans le corps de Bob Morane. Le Tokaj last harvest, délicieusement frais sur le feuilleté aux poires, l’a bien entamé hier soir dans cette pimpante pension du sud berlinois. J’ai prudemment renoncé au Schnaps qu’il a commandé dans un sabir russo-anglais, ponctuant ses phrases en assenant sur ce pauvre guéridon des frappes de beloteur sarthois. Comme il est à l’épreuve du germanique, j’ai biché avec mon pauvre vocabulaire de collège. Antoine Martinson, c’est lui. Albert Mijaud, c’est moi, 1.65m, 60 kilos à la pesée. J’ai quarante ans, ni beau ni laid et je me bats pour subsister. Toujours entre deux business, toujours à courir après l’argent, agent commercial et distributeur de vins sur le grand ouest. Teigneux comme un nain et vaguement snob, j’aspire à la reconnaissance, une revanche à prendre sur l’existence. Aujourd’hui je mets ma passion des vins au service de mes ambitions.  Couchés tard, levés tôt, cap sur Riga, naïfs prospecteurs d’un Eldorado balte dont je soupèse déjà mentalement les futures pépites.

     Le coffre de la V 40 tintinnabule de sa précieuse cargaison: vieilles vignes chinonnaises, St Nicolas de Bourgueil turbulents et fruités, jasnières incomparables de complexité minérale et d’autres appellations de vins de qualité. Je compte bien convaincre des importateurs avec ces trésors.

         Antoine grommelle puis s’ébroue bruyamment. Un poulain au picotin eut été plus discret. Son regard bleu passe du torve au perçant en deux secondes. La focale fonctionne.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

     « Groumphfrontière… » Borborygme-t-il. 
 De fait, à l’extrémité du grand pont sur l’Oder, se profile le poste où nos passeports de l’Union font merveille. 
 Fatigué! La réalité m’échappe et se dilue en ligne claire. Mille sabords! Vieillir sans être adulte, c’est bon pour Brel, mais moi, ça m’inquiète. Arrêt parking. Confier les rênes de mon carrosse m’arrache des larmes, mais je n’ai guère le choix. 
 « N’oublie pas que c’est un diesel, j’avance.
- Et après? » Rétorque ce fier breton en massacrant la seconde. Je songe sérieusement à l’abandonner dans la taïga, cependant, malgré les cahots et sa conduite hachée, je ferme les yeux.

     Varsovie trépide de foule et de tramway. Complet strict et chemise blanche pour Monsieur, fichu, jupe sage pour Madame, un dimanche d’enfance.  Je hasarde : « On ne s’arrête pas? »  Un café et des toilettes me paraissent opportuns. 
« Plus loin, si tu permets. Trop de monde en ville. »

     M. Martinson a retrouvé ses sens. Son malaise depuis le franchissement de l’ancien rideau de fer le travaille. Je me garde d’insister. Il y a quelques années, je crois qu’il a effectué le chemin dans le sens inverse et dans de douloureuses conditions. Poursuivi, menacé de mort par la mafia russe ou autre organisme belliqueux - va savoir -  il avait trouvé refuge dans son village vannetais, abandonnant au passage une prometteuse carrière de commercial international. Son anglaise amoureuse l’avait suivi, puis bientôt largué pour un horizon plus joyeux. Depuis, miné, dépressif d’abord, alcoolique ensuite (ou l’inverse), il vivote de sa plume dans des canards locaux. Il s’est peu à peu dépouillé de ses habits de sentiments. Un chapeau de politesse, souvent oublié sur un comptoir, l’habille d’humanité. A plus de quarante ans, il lui subsiste comme une calotte polaire de vive intelligence et de mémoire. Des pans entiers de cette rare banquise s’abîment dans une mer de pastis, tant il réchauffe sa propre atmosphère. Je m’imagine que ces icebergs alimentent sa sourde rage et gare au paquebot de bonnes intentions battant le pavillon du moindre reproche. Des flottilles de Titanic obstruent les étroits chenaux qui mènent à son âme.

     Prudemment, je me contente d’une Winston et du paysage. La radio crachote. Touche CD: ‘No Bravery,’ de James Blunt et son infinie tristesse. De circonstance.

 

 

(c) Editions Théles 2008

 

 

Co écrit par Alain Raffaëlli et Pascal Ouvrard. Publié par les Editions Elzévir (Novembre 2008) link
                                                                                                                                        lien vers le catalogue:

Le livre vient de paraitre, pour le moment il est disponible en ligne chez  Alapage, Elzévir,Gibert etc.

Par Pascal Ouvrard Alain Raffaëlli
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